Au suivant ... !

Au suivant ... !
Quand un amour est mort, il faut en vivre un autre
Aussitôt, sans répit, sans crainte de souffrir
Car il n'est de meilleur et de plus bel apôtre
Qu'un c½ur qui veut se battre en lieu de se mourir

S'élancer sans raison, dans les bras qui se tendent
Se laisser envahir par de nouveaux émois
S'enlacer à rugir tels deux fauves commandent
L'armée de tous les sens contredits par la loi

Quand un amour est mort, il faut en vivre un autre
De crainte de voir fuir bonjour en au revoir
Oui, il n'est de meilleurs et de plus beaux apôtres
Que ces corps se battant contre le désespoir

S'éprendre sans rougir, surfer à tous les vents
S'apprendre sur le bord de tous les interdits
Surprendre le destin, barrière d'océan
Pour que sa vague à larme à jamais soit tarie

Quand un amour est mort, il faut en vivre un autre
Et la crainte, vaincue, alors disparaîtra,
Car il n'est de meilleur et de plus bel apôtre
Que ce c½ur palpitant ... que ce c½ur qui s'ébat

# Posté le mercredi 29 juillet 2009 07:32

Moderne éthique

Moderne éthique
Ecoute les vides. C'est la tentation
Des Faust de l'image. Quand la moindre ride
Menace naufrage, promet damnation

Pour faux et usages, à l'½il insipide
De morgue, d'outrage, nulle rédemption.
Les miroirs reflètent, en bajoues livides,

La beauté des parfums et les carnations
Des sidéraux atours. Il faut être sage.
Les syntaxes du goût aiment l'ovation

En rangs rhétoriques aux lignes des pages
Des catalogues beaux. Beautés d'ambition,
Tout s'étale au sol, au sable des plages,

Les carrés potagers et les champs d'oignons.
Il faut dix Albarde et autant de guides
Pour vivre, sur – vivre les seules passions

Qui divertissent tout. Les êtres languides,
Affolés de brouillard, vont en rotation
Et oublient Descartes aux pentes arides.

Si les mondes tournent, lentes girations,
Des glaces des pôles aux plaines humides,
Il n'est aucune loi, ni gravitation

Pour supprimer l'élan des esprits avides
Des retours dans le temps. Molles cinétiques,
Folles tentations, écoute les vides

Où chantent aux rides l'élégie, l'éthique.

# Posté le samedi 25 juillet 2009 07:35

Joies singulières

Joies singulières
Elle est le rossignol en habit de lumière,
Dont l'exquise chanson imprégnée de gaieté
Enflamme prestement la grisâtre cité
Où s'écoule ma vie aux peines coutumières.

Elle est l'aile du vent, qui chasse la poussière
De mon c½ur envahi de désirs avortés
Pour tracer un chemin d'ardentes voluptés,
Où brillent les diamants de ses yeux incendiaires.

Elle est le frais bouquet du premier jour d'été,
Prophète du plaisir, zélé à m'envoûter
Afin que je renonce à ma pudeur altière.

Elle est le papillon du jardin enchanté,
Qui vient danser le soir au bord de mes paupières
Un ballet liminaire à nos joies singulières.

# Posté le samedi 25 juillet 2009 07:32

Excellence en Liberté

Sachons nous rappeler que chacun des Humains
Passe un séjour trop court, dans un état fragile,
Occupant la Planète en colosse d'argile,
Envieux d'emprunter le meilleur des chemins.

Un chemin conduisant aux sommets d'Excellence,
Exploit ambitieux forgé jour après jour,
A force de travail, de savoir et d'amour,
De beaucoup d'énergie pour contrer la violence !

Assurèment la vie n'est qu'un ardent combat.
Aucune égalité pour savourer la chance...
Une inégalité nous frappe à la naissance,
Et cette vérité élude tout débat.

D'aucuns voudraient traiter par un nivellement
Des valeurs par le bas, objectif séducteur,
Dicté par des penseurs à l'esprit réducteur,
Contraire à tout concept conçu valablement.

Ainsi récupérées par l'uniformité,
Toutes les libertés en seraient prisonnières,
Allant, par les chemins aux sordides ornières,
Abandonner alors tous leurs droits de cité.

Malgré les divers maux dont le Monde est atteint,
Civilisations souvent entrechoquées,
Maladies invaincues, Eléments détraqués,
Laissant à supposer que le soleil s'éteint,

On rencontre partout des Etres d'Excellence,
Adorant leur métier, doués et créateurs,
Faisant montre de dons les plus révélateurs
D'un talent généreux pétri de conscience.

# Posté le vendredi 24 juillet 2009 10:16

Incertitude

Incertitude
Quand la rose s'effeuille, abandonnée au vent,
Même sous le soleil, un matin de printemps,
Elle échappe un parfum de morne solitude,
Habituée pourtant à être servitude.

Quand l'eau de la rivière s'assèche en plein été,
Sous les bruissants feuillages penchés pour se mirer,
Ses soupirs éclatés deviennent des crevasses
D'où s'élève un relent qui dans l'air se prélasse.

Quand les pleurs du soleil, sous les nuages sombres,
S'égouttent tour à tour, traversant la pénombre,
L'atmosphère se noie dans un profond silence
Et le temps devient loi, pèse sur la balance.

Quand je pense à ces jours emplis d'incertitude,
Il m'arrive parfois de craindre le prélude
D'une série trop noire, d'une liste trop longue,
De coups trop martelant sur un énorme gong.

Alors, je me recentre au sein de Dame Vie,
Et regarde alentour sa force de survie,
Elle niche en l'amour que nos regards apposent
Sur le monde, ses êtres, la plus infime chose.

# Posté le vendredi 24 juillet 2009 07:56