Les mots dans les mains

Les mots dans les mains
Il est des mains armées à la paume d'acier :
Elles lacèrent le coeur et étouffent le cri ;
La souffrance s'efface autour du cou meurtri,
Les sanglots de la mort pleurent... ensanglantés.

Les maux entre les doigts égouttent leur effroi ;
La violence, en réponse aux secrets et mensonges,
Ôte toute couleur à l'océan des songes
Et le plein de douleurs dans l'acide se noie.

Le sang-froid s'égare dans les dupes dédales,
Jaillit la menace du trépas dans les yeux
Et tombe le masque au coin d'un mot douteux
D'un fossoyeur d'amour à la force du mâle.

Quand les mains sont velours à la paume assassine,
Elles se gantent de fer et pointent le serment
D'un aller sans retour au pays du néant ;
Déclaration d'aimer à l'humeur des épines.

Le coeur a ses raisons que la raison ignore...
A-t-il donc tous les droits ? Où trouver ses devoirs ?
Larmes bleues de l'âme c'est votre jour de gloire !
La raison du plus fort a-t-elle raison ou tort ?

# Posté le samedi 01 août 2009 04:42

Par amour...

Par amour...
J'écoute les feuilles, chanter acapella .
En ch½ur les blés froissés s'allient au vent cabot ;
Là le croassement, déchirant d'un corbeau,
Me surprend céans et, imite une Diva .

J'entends chanter la pluie, noyant toute la plaine .
L'horizon s'assombrit, là-bas gronde l'orage,
Les nuages noirs accélèrent leur voyage .
Les moineaux sifflotant guettent la moindre graine .

J'entends chanter les eaux, coulant des caniveaux ;
Elles mouillent les rues, d'une averse perlée ;
Les nues orchestrent cette bienfaitrice ondée
Qui humecte la terre et nourrit les ruisseaux .

J'entends grincer le bois, au chant désespéré,
Que le souffle puissant courbe cruellement .
A son écho plaintif, la forêt se suspend
Tiraillée de douleur, elle crie de pitié .

J'entends La Nature, m'invitant au bonheur,
S'époumoner pour moi, ô je l'en remercie .
Et dans ma poitrine cogne une batterie ;
Par amour, je lui joue, le rythme de mon c½ur !

# Posté le samedi 01 août 2009 04:40

Fleur du mâle

Fleur du mâle
Comme une libellule a déployé ses ailes
Et son long corps diaphane aux couleurs irréelles,
Tu as su me surprendre en ton superbe envol
Et là tu es venue te poser sur mon sol.

En ton port longiligne où tu défies l'espace,
Attachante, rebelle et timide en ta grâce,
Tu as eu quelques pleurs me découvrant dragueur
Mais j'ai su t'apaiser et tu m'aimes charmeur.

À ton tour tu souris, en ton humour qui grince,
De toute ta hauteur, m'appelles "Petit Prince",
Tu m'affubles de tout et me dis "Brise c½urs",
Toi qui a pour passion le langage des fleurs.

Car tu sais leur parler, en ton art les compose,
Fais se mêler ensemble un lys avec la rose ;
J'ai trouvé ta formule à transcrire en rubans :
"Elle marie les fleurs et en fait des amants".

# Posté le samedi 01 août 2009 04:38

j'ai oublié

j'ai oublié
C'était je crois la plage ou peut-être le sable
Qu'il me fallait décrire aux lignes du cahier,
Y mettre un goût de sel et un brin d'immuable ;
J'avais même cherché au fond d'un encrier.

Non, ce devait être l'air qu'il nous fallait écrire,
Le dessiner de vers, y rechercher l'éther,
Sans doute au plus profond d'un quelconque délire,
Divaguer à plaisir, aux portes de l'enfer.

Peut-être fallait-il parler des feux ou braises,
Du soleil de l'été aux clapotis de l'eau,
Qui sait d'un peu d'humour, raconter des fadaises,
Faire rire ou pleurer et du laid et du beau.

Qui voudra bien me dire où retrouver le thème,
J'en aurais bien écrit trois ou quatre feuillets,
Tout en alexandrins, pour que naisse un poème
Mais, tous mes souvenirs, je les ai oubliés.

# Posté le samedi 01 août 2009 04:35

Il devait faire un choix.

Il devait faire un choix.
Je le revois encore assis silencieux
Le regard perdu, le sourire malicieux
Cela faisait des années qu'il ne disait
Rien, lui qui avait perdu son identité.

Les cheveux crépus, la peau noire
Le nez aplati, tout le monde pouvait voir
Qu'il avait atterri d'un autre continent
Pourquoi s'était-il tu depuis si longtemps?

Avait-il eu un profond chagrin d'amour
Pour somber dans ce silence qui durait toujours
Ou incapable de s'adapter à d'autres coutumes?
Fallait-il que tout le monde assume

Que ce silence n'était dû qu'à la sénélité
Je voyais dans ses yeux la nostalgie d'un passé
Présent dans sa mémoire qu'il fallait
Stimuler pour qu'il puisse trouver la paix

Et échapper à l'enfer cruel des aliénés
Où il était enfermé depuis des années.
Il ouvrit son coeur à mon geste de compassion
Pour reparler de sa vie, des émotions

Qu'il avait ressenties, son pénible destin
De déplacé entre deux cultures aux chemins
Si différents. Il se devait de faire un choix
Pour retrouver sa mémoire et la foi.

# Posté le mercredi 29 juillet 2009 07:35