Contemplation

Contemplation
Je suis une contemplatrice ;
Des étangs, des rivières, des plaines et des forêts,
Des herbes ondulantes et des fleurs en bouquets
En quelque sorte, adoratrice.

Mon regard capte les attraits
De la lumière dans les feuillages, de l'air du temps,
Des fantaisies de la nature à tout moment ;
Mon esprit s'en fait le reflet

En transcrivant sur le papier
La beauté fugitive d'un instant donné,
La qualité d'un silence, une suavité
A mes sens étroitement liée.

Si parfois l'émotion m'étreint,
Je me tourne vers ces ondes de vie apaisante ;
Elles allègent ma peine, m'apportent la détente ;
J'y trouve un refuge, un soutien.

Confidents de nos souvenirs,
Les lieux que nous aimons en conservent la trace
Comme une empreinte subtile à travers l'espace
Chargé de nos pleurs, de nos rires.

Et lorsque nous serons passés,
Imprégnant l'Invisible de notre existence,
Ils garderont la mémoire de notre présence,
Une impression restituée.

# Posté le dimanche 02 août 2009 05:22

Modifié le mercredi 05 août 2009 06:20

Je t'ai cherchée

Je t’ai cherchée
Je t'ai cherchée dans la grande Ourse
Et dans l'étoile au fond du ciel,
Dans les reflets de l'arc en ciel,
Je t'ai cherchée dans l'eau des sources.

Je t'ai cherchée aux lacs hantés,
Dans l'eau légère de la pluie,
Dans l'eau mystérieuse des puits,
Dans les fontaines qui chantaient.

Je t'ai cherchée, perles d'ennui,
Aux hasards d'infinis destins,
Au songe enfui de mes matins,
Je t'ai cherchée au creux des nuits.

Je t'ai cherchée parfois, souvent,
Aux mélodies qu'on joue sans joie,
A chaque note sous mes doigts
Et dans les musiques du vent.

Je t'ai cherchée aux fleurs qui poussent,
Aux bourgeons qui prenaient le temps
Pour éclater en plein printemps
Et dans le doux velours des mousses.

Je t'ai cherchée au monde entier,
Sur des lèvres que j'effleurais,
Sous les étoiles qui pleuraient,
Dans les yeux de mes amitiés.

Mais les jours me semblaient livides
Et je passais, désespérant
De ces amours indifférents
Qui n'apportaient qu'ennui et vide.

Et puis un jour j'ai su te voir,
Bien cachée au fond de moi-même.
On est fragile quand on aime,
J'aurais pu ne jamais savoir...

# Posté le dimanche 02 août 2009 05:19

Un mot, et puis...

Un mot, et puis...
Les paroles s'envolent, alors dites-moi,
Parlez-moi, que vous me donniez ces ailes
Dont je rêve et désespère même parfois,
Que je me sente geai et crécerelle,
Pour me lier au vent, qui me supporte,
Sans plus de raison qu'une liberté éternelle ;
Les arbres neigent, un soupir m'apporte
Les fruits de l'été, duveteux et légers,
Des arbres, droits et beaux, peu pliés.

Les écrits restent, alors par pitié,
Ne m'écrivez pas, j'aurais affreuse mine,
Ma personne en serait bien moins colorée,
L'aventureux soldat de plomb, j'imagine,
Ne pourrait voyager hors de la maison,
Lourd de l'ancre retenant la marine
De quitter un port où il fait trop bon,
Où tout est merveilleux, la mer oisive
Laisse des plumes humides collées sur la rive.

Transformez-moi en mot, que je puisse voyager,
Je volerai, à temps perdu, entre deux airs,
Sur les zéphyrs étoilés, sur les ailes de l'alizé,
Suspendu à une réalité céleste, je remettrai pied à terre,
M'emparerai des trésors des lieux,
Changerai en eux, en terre étrangère,
Sachant parfois m'enraciner de mon mieux
Pour reprendre mon infini vol,
Plus riche de ce que je puise du sol.

Je veux être un mot, faire rêver,
Être nommé, prononcé et écrit
Faire voyager les esprits, les rencontrer
Inspiré la joie, l'amour et la vie,
Être un son différent selon les accents,
Comme un joyau qui brille et réunit
Des gens si peu semblables, pourtant,
Je veux être une fête inoubliable
Qui brûle en chaque être sociable.

# Posté le dimanche 02 août 2009 05:16

Dilemme

Dilemme
Au gré des vents, des eaux, des marées et des feux,
Au delà de ce temps, au plus profond du vice,
Les voyez-vous marcher, ramper, ces malheureux,
Abandonnant leurs maux aux mots qui les ravissent ?

Le bonheur infécond de voguer dans la brume,
L'indicible euphonie, les humeurs fascinantes
Sculptent leurs esprits las, posément les enfument
Abandonnant leurs c½urs aux ch½urs qui les tourmentent.

Oui, je plains ces auteurs constamment exilés
Sur la cime du rêve où leur passion s'envole.
Je n'envie point leur art car ils sont enlisés
Dans un noir pâturage où pleurent les corolles.

Leurs cris sont fabuleux mais sont si déchirés
Qu'en toisant les récits de leurs émois intimes
On devine le vice et l'ennui suppurer
Sous un flot cafardeux que la douleur anime.

Et forts de leurs desseins qu'ils croient tenu des cieux
Ils fustigent ce monde étalé devant eux.
A l'heure où tout s'éteint ils fuient cet univers
Indolent, concret, brut, fait d'horreur et de chair,
Pour s'élever, comblés, dans l'azur d'un espace
Où la larme et l'ardeur atténuent leur angoisse.


Indécis, vacillant, j'erre entre ces deux mondes.
Tour à tour ils me prient, tour à tour ils se fondent ;
Tour de pierre et d'idées, tour d'ivoire et d'envies
Tourbillon dans mon c½ur, tourmente de ma vie.

Préférant ma démence aux éclats du visible
Et l'archet du dilemme au pinceau du désir,
Je ne choisis ni l'un, trop dur, fort et terrible,
Ni l'autre que créa l'esprit pour y mourir.

Je voudrais renoncer à l'aisance du choix
Et toujours courir seul. Je préfère être moi.
Qu'ils continuent d'aimer ce venin qui se fâne
Et consume à revers le c½ur d'où il émane !

# Posté le dimanche 02 août 2009 05:11

Opulences

Opulences
Les traits quelque peu alourdis par l'alcool
Il regarde en direction du large fleuve
Où coulent souples et indolents zincs et cuivres
Inexorablement attirés par le soleil qui se meurt

Orphelin de tant de ressacs anciens
Il s'appuie sans expression sur le visage
A la balustrade de la terrasse maintenant déserte
Et que poisse l'humidité du soir

Il ne connaît toujours pas le nom
De cet oiseau qui laisse choir chaque soir
Un cri pareil à la note la plus grave
Du hautbois ou du basson

Et maintenant que toutes les voix humaines
Se sont tues c'est un autre monde
Qui se lève avec lenteur
Attendant pour vivre enfin
Que le soleil se soit enfoncé
Pour de bon dans le fleuve
Et laisse s'étaler la nuit opulente

# Posté le samedi 01 août 2009 04:43